Lumbago : un geste de rien, et vous voilà plié en deux

Vous vous êtes penché au-dessus du lavabo, et le bas du dos s'est verrouillé net. Impossible de vous redresser, chaque pas vous coupe le souffle. Ce qui vient de se passer dans votre dos, ce qui aide dès les premières heures, et comment éviter qu'il se bloque encore.

Il a suffi d'un geste. Vous vous êtes penché au-dessus du lavabo pour vous rincer le visage, et quelque chose a lâché au creux des reins. Une douleur en coup de poignard, puis plus rien ne bouge. Et vous restez là, accroché au rebord, plié en deux, à chercher comment vous redresser sans crier.

Les minutes suivantes, vous les connaissez peut-être. Traverser l'appartement en vous tenant aux murs. Renoncer à lacer vos chaussures. Réussir à vous asseoir, puis comprendre qu'il faudra maintenant se relever. Et cette question qui tourne en boucle : qu'est-ce que je me suis fait ?

Commençons par ce qui rassure. L'Assurance Maladie le rappelle : il n'existe pas de lien entre l'intensité des douleurs et leur gravité. Un lumbago peut faire très mal sans que votre dos soit abîmé.

Voyons ce qui vient de se passer, ce qui aide pendant les premiers jours, puis l'histoire d'un patient arrivé au cabinet le dos bloqué, et ce que son ventre avait à voir avec son dos. Et pour finir, comment éviter le prochain.

Un mot de prudence d'abord. Une jambe qui perd de la force, une peau moins sensible entre les cuisses, des difficultés pour uriner : dans ces cas-là, appelez le 15 sans attendre. Vous trouverez tous les signes d'alerte un peu plus loin.

Votre dos ne s'est pas cassé, il s'est verrouillé

Ce que vous vivez porte plusieurs noms : lumbago, tour de reins, et pour les médecins, lombalgie aiguë. Le mécanisme, lui, se ressemble presque toujours. Votre corps a jugé une contrainte menaçante, et il a fermé la porte. Les muscles profonds du bas du dos se sont contractés d'un seul coup pour empêcher tout mouvement. C'est cette contraction de protection qui vous tient plié en avant et vous empêche de vous redresser.

Ce verrou fait peur, parce qu'il tombe sans prévenir. En général, pourtant, rien n'est déplacé, rien n'est rompu. Le dos se protège, et il en fait trop.

Reste une question que l'on pose rarement : pourquoi ce geste-là, ce matin-là ? Vous vous êtes penché des milliers de fois au-dessus de ce lavabo. Repensez aux semaines d'avant. Des journées assis sans bouger, peut-être. Des nuits trop courtes, une période chargée, un ventre qui digérait mal.

Le geste a fait déborder le vase. Il ne l'avait pas rempli.

Si la douleur descend dans la fesse et derrière la cuisse, jusque sous le genou, avec des décharges, le nerf sciatique est peut-être en cause. Notre article Sciatique : elle revient, et vous ne savez pas pourquoi vous aidera à y voir clair.

Combien de temps dure un lumbago ?

Le pire dure en général quelques jours. Ensuite, le dos se déverrouille peu à peu. Dans la très grande majorité des cas, un lumbago évolue favorablement en quelques semaines.

La plupart des lumbagos passent ainsi d'eux-mêmes, et vous n'aurez peut-être pas besoin de nous. Si vous préférez être accompagné dès maintenant, ou si ce n'est pas le premier, nous recevons les dos bloqués du lundi au dimanche : prendre rendez-vous.

Sans signe d'alerte, la Haute Autorité de Santé ne recommande ni radio ni IRM pendant la crise. Une image montrerait surtout l'usure ordinaire d'un dos adulte, que l'on retrouve aussi chez des gens qui n'ont jamais eu mal. Pour en savoir plus, lisez Ce qui se passe vraiment dans un dos qui a mal.

Que faire dans les premières heures

D'abord, les signes qui ne peuvent pas attendre

Un lumbago se soigne presque toujours chez soi, sauf dans les situations suivantes.

Appelez le 15 ou allez aux urgences si une jambe perd de la force, si la peau devient moins sensible entre les cuisses, autour des parties génitales ou de l'anus, si uriner devient difficile, si vous avez des fuites, ou si vous ne contrôlez plus vos selles.

Appelez votre médecin sans attendre si la douleur ne se calme dans aucune position, reste présente au repos et la nuit, ou s'aggrave de jour en jour. Même chose avec de la fièvre, des brûlures en urinant, une fatigue inhabituelle, un amaigrissement que rien n'explique, une douleur qui remonte dans le haut du dos, ou si la douleur a commencé après une chute ou un choc violent.

Un antécédent de cancer, un traitement par cortisone de longue durée, ou un premier épisode avant vingt ans ou après cinquante-cinq ans : parlez-en à votre médecin dès le début.

Une douleur dans la poitrine, un essoufflement ou un malaise : appelez le 15.

Ensuite, une règle qui va contre l'instinct : bougez. Pas beaucoup, pas vite, mais bougez. Le repos au lit n'est pas recommandé, rappelle l'Assurance Maladie, et la Haute Autorité de Santé fait de l'activité physique le traitement principal du mal de dos. Faites quelques pas dans l'appartement toutes les heures, même courbé, même lentement. Allongez un peu la marche chaque jour : si la douleur se réveille en bougeant, ce n'est en général pas un danger, c'est le signe d'un dos qui se remet en route.

Le lit soulage une heure. Le mouvement soulage la semaine.

Pour les médicaments, votre pharmacien ou votre médecin vous dira lequel prendre. Un antalgique ne raccourcit pas un lumbago, mais il peut rendre le mouvement possible, et c'est le mouvement qui aide le dos à guérir. L'ibuprofène et les autres anti-inflammatoires ne se prennent pas plus de cinq jours sans avis médical. Enceinte, n'en prenez jamais sans avis médical : dès le sixième mois, ils sont contre-indiqués, même une seule fois, même en gel ou en crème.

Évitez de forcer pour retrouver vos mouvements, et laissez votre dos tranquille : pas question de le faire craquer vous-même. Un dos en spasme s'apprivoise. Il ne se force pas.

Vivre avec un dos bloqué, geste par geste

Pour sortir du lit. Ne vous asseyez pas d'un coup, dos plié. Commencez par rouler sur le côté, les genoux pliés, laissez glisser les jambes hors du lit, puis redressez-vous en poussant sur vos mains. Le dos suit, d'un seul bloc.

Une femme assise au bord de son lit, qui se relève en poussant sur ses bras pour ménager son dos

Pour vous habiller. Asseyez-vous pour enfiler pantalon et chaussettes, et ramenez le pied vers vous plutôt que de descendre vers lui. Le temps de la crise, un chausse-pied à long manche vous évitera de vous pencher vers vos chaussures.

Pour vous laver. Au lavabo, pliez légèrement les genoux et prenez appui d'une main sur le rebord : c'est elle qui porte le haut du corps, pas votre dos.

Pour vous asseoir et vous relever. Préférez une chaise haute et ferme à un canapé dans lequel on s'enfonce. Pour vous relever, avancez-vous au bord du siège, les pieds bien sous vous, et poussez sur vos cuisses.

Vos questions sur le lumbago

Chaud ou froid ? Le chaud. Un bain, une douche chaude sur les reins ou une bouillotte glissée dans une serviette aident à détendre des muscles raidis par la crise. Gardez une épaisseur de tissu entre la bouillotte et la peau, et ne vous endormez pas dessus.

Dans quelle position dormir ? Sur le côté, genoux légèrement pliés, avec un coussin entre les genoux. Évitez de dormir sur le ventre, la position la plus pénible pour un dos douloureux. Sur le dos, un oreiller sous les genoux peut aussi vous soulager.

Faut-il arrêter de travailler ? Pas toujours. L'Assurance Maladie le rappelle : un arrêt n'est en général pas nécessaire, et reprendre ses activités, en les adaptant, aide le dos à guérir. Si votre médecin vous en prescrit un, il le réévalue au bout de quelques jours. Au bureau, levez-vous au moins toutes les deux heures pour marcher ou vous étirer.

Peut-on porter des charges ? Pas pendant la crise. Ensuite, reprenez peu à peu : accroupissez-vous en vous aidant des jambes, tenez la charge collée au corps, et ne tournez pas le buste quand vous êtes penché. Évitez de porter plus de dix kilos.

Quand reprendre le sport ? Dès que vous vous en sentez capable, en douceur. La marche d'abord, puis la natation ou une gymnastique douce, qui renforcent le dos et le ventre. Échauffez-vous, et augmentez l'effort au rythme de votre dos. Pour la Haute Autorité de Santé, une activité physique régulière aide le dos à guérir et limite les récidives.

Puis-je venir chez vous encore bloqué ? Oui, même plié en deux, dès le premier jour, si aucun des signes d'alerte de l'encadré ne vous concerne. Nous les passons en revue avec vous avant de commencer, et aucune ordonnance n'est nécessaire : prendre rendez-vous. Aucun créneau ne vous convient en ligne ? Écrivez-nous sur WhatsApp au 06 51 77 41 86 : dites-nous en une phrase ce qui vous arrive et quand vous êtes disponible, nous cherchons une solution.

Durée d'une séance, nombre de séances, remboursement : les réponses sont dans notre FAQ.

Quand le dos venait du ventre

Je pense à un patient d'une cinquantaine d'années, venu au cabinet avec le dos bloqué. Il marchait légèrement plié en avant, et la douleur était atroce. Impossible de se baisser pour mettre ses chaussures ou ses chaussettes. Impossible, aussi, de se redresser pour se tenir droit.

Son dos criait. Pourtant, quand j'ai fait le test ASSAL, la zone qui pesait le plus sur son corps ce jour-là ne se trouvait pas dans son dos. Elle était dans son ventre.

Un dos bloqué n'est pas toujours un problème de dos.

Le ventre et le bas du dos dépendent des mêmes étages de la moelle épinière. Quand un organe du ventre fonctionne mal, sans être malade pour autant, il peut entretenir une tension dans le dos, à distance, sans forcément se faire sentir lui-même. Si votre mal de dos s'accompagne de douleurs au ventre, de vomissements ou de sang dans les urines, voyez d'abord votre médecin.

J'ai donc commencé par son ventre, avec des gestes doux. Puis j'ai terminé par une technique globale de la hanche, pour rendre de la mobilité à ses hanches et à ses jambes. Elle se fait même en pleine crise : le patient pousse, relâche, et sent que ça bouge. Tout le travail vient de lui.

Hosam ASSAL, ostéopathe, les mains sur le ventre et le bassin d'un patient allongé jambes pliées, pendant une séance pour un lumbago

Il est reparti le jour même en pouvant se baisser, et se redresser, le dos droit. Je lui ai demandé de revenir quelque temps plus tard, pour consolider le travail.

Ce n'est pas toujours aussi rapide, et nous ne le promettons jamais : chaque corps a son rythme. Mais son histoire résume la Méthode ASSAL : chercher la cause là où elle se trouve, même loin de l'endroit qui fait mal.

Si votre dos s'est bloqué et que vous voulez savoir d'où ça vient, c'est exactement ce que nous cherchons dans nos cabinets de Paris 8 et de Vitry-sur-Seine : prendre rendez-vous.

Éviter le prochain lumbago

Une fois, ça arrive. Quand le dos se bloque encore, puis encore, c'est une autre histoire : on finit par se méfier de chaque geste.

Un premier lumbago peut passer pour un accident. Le troisième en deux ans ne doit rien au hasard.

Au cabinet, une question revient souvent : « Est-ce la première fois, ou bien c'est une douleur que vous connaissez déjà ? » Un dos qui se bloque régulièrement compense quelque chose : un bassin qui bouge mal d'un côté, un diaphragme figé par des mois de tension, ou un ventre qui fonctionne mal. Le stress, à lui seul, augmente le tonus des muscles du dos et du diaphragme.

Le premier remède reste le mouvement, au quotidien. Une activité physique régulière, adaptée à vos capacités et précédée d'un échauffement, protège votre dos, rappelle l'Assurance Maladie. Coupez les longues heures assis. Et pour des exercices simples, à la maison comme au bureau, l'Assurance Maladie propose une application gratuite, Activ'Dos. Une séance ne remplace pas ce mouvement : entre deux séances, c'est vous qui faites le gros du travail.

Le reste, c'est ce que votre dos compense. Venir entre deux blocages, quand tout va bien, a du sens : c'est le moment de chercher ce qui le fatigue, avant qu'il ne se verrouille encore. Pour nous, un patient qui ne revient pas pour le même blocage, c'est le travail bien fait.

Un lumbago peut laisser une trace plus tenace que la douleur : la peur de se pencher. Comprendre ce qui s'est passé aide à la laisser derrière soi.

Un matin, vous vous pencherez de nouveau au-dessus du lavabo sans y penser. C'est vers ce matin-là que nous travaillons, avec vous.

« Professionnalisme exemplaire ! En entrant, je ne pouvais pas marcher droit suite à un lumbago, et en sortant, tout était mieux. »

Katia, patiente du cabinet de Vitry-sur-Seine

Nous prendrons le temps de chercher d'où vient ce blocage, et de vous montrer ce que nous trouvons. Prenez rendez-vous en ligne, du lundi au dimanche :

À Paris 8, avec moi ou avec Michaël.

À Vitry-sur-Seine, avec moi ou avec Amine.

Vous préférez appeler ? 01 44 09 95 80 pour Paris 8, 01 75 37 53 41 pour Vitry-sur-Seine.

Votre dos s'est bloqué pour une raison. Cherchons-la ensemble.

Identifier l'origine de votre douleur

Une consultation permet de comprendre d'où vient réellement votre douleur, et d'y répondre en fonction de votre histoire.