Sciatique : elle revient, et vous ne savez pas pourquoi
La décharge dans la fesse, la jambe qui brûle jusqu'au pied. Les nuits à chercher, sans la trouver, la position qui soulage. Puis la crise passe, vous oubliez, et un matin, tout recommence. Ce qui se joue dans votre corps, ce qui peut vous soulager dès ce soir. Et pourquoi la réponse se trouve rarement dans la jambe.
Il est trois heures du matin. Vous avez quitté le lit pour le canapé, puis le canapé pour le tapis du salon. Sur le dos, ça tire. Sur le côté, une décharge vous réveille dès que vous vous assoupissez. Alors vous restez debout dans la cuisine, une main sur le plan de travail, à attendre que le médicament fasse effet. Peut-être même que vous lisez ces lignes à ce moment-là, le téléphone dans l'autre main.
La journée n'a pas été plus simple. Enfiler vos chaussettes vous a demandé une stratégie. Un éternuement vous a cloué sur place. Sortir de la voiture, vous relever d'une chaise : chaque geste se négocie avec cette douleur qui part de la fesse et descend jusqu'au mollet, parfois jusqu'au pied, comme un courant électrique.
Et puis il y a ce que les autres ne voient pas. La fatigue des nuits hachées. Le dîner où vous restez debout « pour vous dégourdir les jambes », parce que vous ne tenez plus assis. La peur, aussi, le jour où le mot « hernie » apparaît sur un compte rendu.
Et cette nuit, vous la connaissez peut-être déjà. Elle était partie. Elle est revenue.
Voyons d'abord ce qui se passe dans votre corps, et ce qui peut vous soulager dès ce soir. Puis pourquoi elle revient, et à quoi ressemble une séance où l'on cherche enfin d'où elle vient.
Une seule précaution avant tout : si votre jambe ou votre pied perd de la force, ou si vous avez du mal à uriner, n'attendez pas, appelez le 15. Les autres signes d'alerte sont détaillés plus bas.
Votre jambe n'y est pour rien
Le nerf sciatique naît dans le bas du dos, puis descend par la fesse et l'arrière de la cuisse jusqu'au pied. Quand il est comprimé ou irrité sur ce chemin, la douleur suit tout son trajet. Le plus souvent, c'est à sa sortie de la colonne, par un disque qui déborde : on parle alors de hernie discale. Mais il peut aussi être irrité plus bas, dans la fesse, par un muscle profond trop tendu. Dans tous les cas, vous avez mal dans la jambe, et pourtant la jambe n'y est pour rien. Elle sert de haut-parleur à un nerf irrité plus haut. Masser le mollet soulage donc bien peu.
La douleur est dans la jambe. L'histoire, elle, commence ailleurs.
Au cabinet, l'une de nos premières questions est simple : « Avez-vous des décharges électriques dans la fesse, la cuisse ou la jambe ? » Une sciatique descend en général sous le genou, avec des fourmillements, une sensation de courant. Une douleur qui reste dans la fesse ou la cuisse, sans descendre sous le genou, vient souvent d'une articulation qui a perdu sa mobilité, entre le sacrum et le bassin ou en bas de la colonne. Elle ressemble à une sciatique sans en être une : on parle parfois de fausse sciatique. Toutes les douleurs qui descendent dans la jambe ne sont pas des hernies.
Un mot sur la hernie, puisqu'il fait peur. Une hernie visible sur une image ne fait pas toujours souffrir. Beaucoup de gens en portent une sans le savoir et sans avoir mal : l'article Ce qui se passe vraiment dans un dos qui a mal l'explique en détail. Au début, aucun examen n'est utile. Une IRM se discute avec votre médecin si la douleur persiste ou se complique. La chirurgie a sa place, parfois en urgence, parfois quand la douleur dure malgré le traitement. Votre médecin vous dira si elle vous concerne. La plupart des sciatiques s'en passent.
Et c'est difficile à croire quand on souffre, mais dans la grande majorité des cas, une sciatique évolue favorablement d'elle-même, en deux mois environ. C'est long, je préfère vous le dire. Les premiers jours sont les plus durs, puis la douleur recule par paliers.
Pourquoi passe-t-elle si souvent d'elle-même ? Autour d'une hernie, le nerf n'est pas seulement comprimé. Il est aussi enflammé par les substances que libère le disque. Avec les semaines, cette inflammation retombe, et le corps fait souvent le ménage lui-même : ses cellules de défense résorbent peu à peu la partie du disque qui déborde. C'est pour calmer cette inflammation que votre médecin peut prescrire un anti-inflammatoire, sur quelques jours. Ce qui avait mis ce nerf sous tension, en revanche, ne part pas toujours avec la crise.
Pour le bas du dos en général, la page Bas du dos, bassin et bas-ventre va plus loin.
Ce soir, que faire pour passer la crise
D'abord, ces signes qui n'attendent pas
Une sciatique ordinaire se soigne sans urgence. Quelques situations font exception.
Allez aux urgences ou appelez le 15 si votre jambe ou votre pied perd de la force (on parle de sciatique paralysante) : le pied accroche en marchant, vous n'arrivez plus à vous tenir sur la pointe ou sur le talon.
Même chose si la douleur descend dans les deux jambes, si vous sentez mal la peau entre les cuisses, autour des parties génitales ou de l'anus, si vous avez du mal à uriner ou des fuites, si vous ne contrôlez plus vos selles ou si vous êtes constipé de façon inhabituelle.
Appelez votre médecin sans attendre, ou le 15 si vous ne pouvez pas le joindre, si la douleur est si forte que les antalgiques habituels ne la calment pas, ou si vous avez de la fièvre.
Prenez aussi rendez-vous avec lui si la douleur ne s'améliore pas après quelques jours, si elle s'intensifie la nuit, si une partie de la jambe s'engourdit peu à peu, ou si vous avez maigri sans raison.
Restez en mouvement, à votre rythme : l'Assurance Maladie déconseille le repos au lit prolongé. Marchez un peu, plusieurs fois par jour. Dès que la douleur le permet, la natation est possible, elle aussi.
Pour vous poser, allongez-vous sur le dos, les mollets sur l'assise d'un canapé, hanches et genoux pliés. Au lit, des oreillers fermes sous les genoux font le même effet. Sur le côté, glissez un coussin ferme entre vos genoux. La douleur se calme, parfois en quelques minutes.
La chaleur aide aussi à détendre les muscles : un bain chaud, ou une bouillotte enveloppée dans un linge sur le bas du dos ou la fesse. Ne vous endormez pas dessus, et faites attention à ne pas vous brûler, surtout si vous sentez moins bien votre peau. Un antalgique peut vous permettre de bouger : demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin. Sans avis médical, un anti-inflammatoire comme l'ibuprofène ne se prend pas plus de cinq jours. Pendant la grossesse, jamais sans avis médical, et à partir du sixième mois, il est contre-indiqué, même en une seule prise, y compris en gel ou en crème.
À l'inverse, ne tirez pas sur l'arrière de la cuisse pour « détendre le nerf » : un nerf irrité n'aime pas qu'on le tende. Et ne faites pas craquer votre dos vous-même. Craquer, ce n'est pas soigner.
Les jours suivants : les gestes qui aident
Pour sortir du lit. Tournez-vous d'abord sur le côté, genoux pliés. Puis laissez vos jambes descendre du lit pendant que vous poussez sur vos bras pour vous redresser. Votre dos reste d'un seul bloc.
Pour vous asseoir. Préférez une chaise ferme à un canapé bas, les pieds à plat, un petit coussin dans le creux du dos. Évitez de rester assis longtemps : si vous travaillez sur écran, levez-vous toutes les demi-heures pour marcher un peu.
En voiture. Évitez les longs trajets pendant la crise. Si vous devez conduire, avancez votre siège pour ne pas tendre la jambe, et arrêtez-vous pour marcher quelques minutes.
Quand vous toussez ou éternuez. C'est souvent là que la décharge part. Pliez légèrement les genoux, gardez le dos droit, ou appuyez-vous d'une main contre un mur.
Pour porter. Pliez les genoux, gardez la charge contre vous, et évitez de soulever lourd tant que la crise dure.
Au travail. Si la douleur est supportable, l'Assurance Maladie conseille de poursuivre vos activités en les adaptant, sans forcer. Pour un travail de bureau, un ou deux jours d'arrêt suffisent le plus souvent.
Chaque jour, un peu plus. Bouger peut réveiller la douleur sans être dangereux, et vous aide à récupérer. Marchez un peu plus longtemps chaque jour, à votre rythme.
Quand la douleur monte. Posez une main sur votre ventre et respirez lentement, en le laissant se gonfler. Le diaphragme, ce grand muscle de la respiration, est relié au bas du dos : quand il se détend, tout le corps se relâche un peu.
Notez ce que vous vivez. Ce qui soulage, ce qui aggrave, l'heure où la douleur est la pire. Apportez ces notes à votre rendez-vous, avec vos comptes rendus d'examens si vous en avez : elles nous aident à remonter le fil.
Si la douleur ne recule pas, ou si vous voulez comprendre pourquoi elle est là, nous pouvons vous recevoir dès les premiers jours : prendre rendez-vous.
Puis, un matin, elle revient
La première fois, vous avez fait ce que tout le monde fait. Vous avez serré les dents, suivi les conseils de votre médecin ou de votre pharmacien, et attendu. La douleur est partie. Quelques semaines plus tard, vous n'y pensiez plus.
Et un jour, en vous penchant pour ramasser un stylo sous le bureau, la décharge est revenue. Même jambe, même trajet. Et cette petite voix dans votre tête : « Pas encore. »
Vous refaites tout ce qui avait marché. Ça marche un peu moins. Autour de vous, on parle de l'âge, du stress, d'un dos fragile. On vous conseille de faire avec. Vous finissez par vous demander ce que vous faites de travers.
Alors je vous le dis tout de suite : ce n'est pas de votre faute.
Une sciatique qui revient, c'est une question qui attend encore sa réponse.
Pourquoi votre sciatique revient
Quand une sciatique revient, on calme de nouveau la crise, et c'est indispensable. Mais une question reste en suspens : pourquoi ce nerf-là s'est-il retrouvé sous tension, et pourquoi encore lui ?
En ostéopathie, nous regardons votre corps comme une chaîne. Quand une zone perd sa mobilité, parfois depuis des années, les autres s'organisent pour compenser, en silence. Le bassin se vrille un peu, la respiration remonte. Le bas du dos se met à travailler pour deux. Un jour, sur un geste banal, la région qui compensait le plus finit par protester. Le nerf, lui, ne fait que payer l'addition.
Tant que le déséquilibre reste en place, le corps reconstruit les mêmes contraintes, et la crise peut revenir, souvent à la même période de l'année ou après le même type d'effort.
Ce qui se fixe en haut peut s'exprimer en bas.
Au cabinet, chez des patients qui souffrent de sciatique, nous retrouvons régulièrement une tension venue de beaucoup plus haut, jusqu'à la base du crâne. Quand nous reprenons leur histoire, un souvenir remonte parfois. Une ancienne chute sur les fesses. Un accident de voiture, un coup du lapin vieux de plusieurs années. Un choc émotionnel. Plus rien de tout cela ne faisait mal. Le patient l'avait oublié, son corps s'était adapté.
Pourquoi la douleur revient-elle ? Toute notre façon de travailler est née de cette question. Notre vision : qu'aucune douleur qui revient ne reste sans explication. Notre objectif, à chaque séance : trouver la cause d'un trouble, pas seulement en soulager le symptôme. Beaucoup de patients arrivent au cabinet avec une douleur qui revient, sans savoir pourquoi. C'est de cette réalité qu'est née la Méthode ASSAL, au fil des années et des patients : un fil, une logique pour remonter, chez chaque patient, jusqu'à l'origine de ses troubles fonctionnels, souvent loin de l'endroit où il a mal. Nous l'appliquons tous les trois, à Paris 8 et à Vitry-sur-Seine.
Si vous cherchez encore pourquoi votre sciatique revient, même jambe, même trajet, c'est exactement à vous que cette méthode s'adresse.
Le jour où vous comprenez enfin
Imaginez. Vous poussez la porte du cabinet, la jambe encore lourde de la nuit.
Nous commençons par vous écouter : la première crise, et tout ce que vous avez déjà essayé. Puis nous vous posons des questions qui vous surprennent, sur une vieille chute ou une période difficile. Parfois, un souvenir remonte, que vous n'aviez jamais relié à votre dos.
Ensuite, vous vous allongez, et nous faisons le test ASSAL, sur lequel repose la méthode, un examen court et précis. Il ne cherche pas l'endroit qui fait mal. Il nous oriente vers la zone qui, ce jour-là, pèse le plus sur l'équilibre de votre corps, parfois loin de votre jambe, parfois sans aucune douleur.
Nous la traitons, puis nous refaisons le test devant vous. Cette fois, vous le constatez vous-même, en direct. Parfois, une autre zone apparaît en dessous, que la première masquait. Nous la traitons à son tour. Couche après couche, l'ordre dans lequel votre corps s'est adapté apparaît en clair.
Avant que vous repartiez, nous vous expliquons ce que nous avons trouvé : comment votre corps a pu en arriver là, et ce qui peut faire revenir la crise.
Je pense à une jeune professeure, venue pour des douleurs du cou et des genoux qui revenaient quelques semaines après chaque soin. En fin de séance, elle se sentait déjà beaucoup mieux, et elle s'est étonnée : « Mais pourquoi personne ne m'a fait ça avant ? » Je lui ai répondu que tous les ostéopathes reçoivent la même formation, mais que chacun reste unique. Comme des cuisiniers : les mêmes ingrédients, jamais le même plat.
Cette séance, nous vous la proposons à Paris 8 et à Vitry-sur-Seine, du lundi au dimanche : prendre rendez-vous.
Ce que nous ne ferons jamais
Nous ne vous promettrons jamais de miracle. Votre corps a mis du temps à construire ses compensations. Chaque corps garde son rythme pour s'en défaire.
En pleine crise, nous ne forçons rien. Nous commençons par des techniques douces, bien tolérées dès les premiers jours. Les manipulations plus directes attendent la séance suivante, quand votre corps est prêt, et jamais sans vous prévenir.
Nous ne vous retiendrons pas si votre douleur demande autre chose. Si elle est trop vive pour que nous puissions travailler, nous vous orientons vers votre médecin pour calmer la crise, et nous vous revoyons ensuite. Savoir s'arrêter fait partie du métier. La hernie, elle, relève de votre médecin. Nous travaillons sur les zones de votre corps qui ont perdu leur mobilité et obligent le bas du dos à compenser.
Ce que nous vous promettons, c'est de chercher ce qui, dans votre corps, a préparé le terrain, et de refaire le test devant vous.
Comprendre d'abord. Traiter ensuite.
Avant de venir
Peut-on venir en pleine crise ? Oui, dès les premiers jours, si vous n'avez aucun des signes d'alerte décrits plus haut. Nous les vérifions aussi avant de commencer. Pas besoin d'ordonnance.
Combien de temps dure une séance ? Entre quarante-cinq minutes et une heure.
Combien de séances faut-il ? Cela dépend de votre histoire. En pleine crise, votre corps a besoin de deux à trois jours pour intégrer la séance, et une séance de stabilisation peut être utile une semaine à dix jours plus tard. Nous vous le disons à la fin de la première séance.
Est-ce remboursé ? La Sécurité sociale ne rembourse pas l'ostéopathie. Votre mutuelle peut en prendre une partie en charge, et nous vous remettons une facture.
Et si ma sciatique dure depuis des semaines ? Parlez-en aussi à votre médecin. C'est lui qui dira si un examen est utile.
Et maintenant ?
Si votre sciatique vient de commencer, il y a de bonnes chances pour qu'elle passe. Bougez à votre rythme, et gardez les signes d'alerte en tête.
Si elle revient, si vous connaissez déjà par cœur la décharge et les nuits blanches, votre corps vous pose une question depuis un moment. Elle mérite une réponse. N'attendez pas la prochaine crise pour la chercher : vous pouvez aussi venir entre deux crises, quand la douleur s'est calmée. Il vaut mieux comprendre avant d'avoir mal de nouveau.
Enfiler ses chaussettes sans y penser. Dormir d'une traite. Ce sont de petites choses, jusqu'au jour où on les perd.
« Il me suit depuis des années et c'est le seul à qui je fais confiance, même pendant ma grossesse. Heureusement qu'il est là pour me soulager de mes douleurs de dos, sciatique, ventre, etc. Et il suit également toute ma famille. Aucun regret de faire plus de 100 km à chaque visite. »
Henia, suivie par Hosam ASSAL à Vitry-sur-Seine
Nous prendrons le temps de reprendre votre histoire depuis le début, et de chercher avec vous où elle a commencé. Prenez rendez-vous en ligne, du lundi au dimanche :
À Paris 8, avec moi ou avec Michaël.
À Vitry-sur-Seine, avec moi ou avec Amine.
Vous préférez appeler ? 01 44 09 95 80 pour Paris 8, 01 75 37 53 41 pour Vitry-sur-Seine.
Votre sciatique a une histoire. Elle a aussi un point de départ.
Motifs de consultation
Identifier l'origine de votre douleur
Une consultation permet de comprendre d'où vient réellement votre douleur, et d'y répondre en fonction de votre histoire.

